RCI retraite : comment fonctionne la complémentaire des indépendants en 2026
Vous êtes artisan, commerçant ou chef d’entreprise. Chaque année, l’Urssaf vous prélève des cotisations retraite, et une ligne mystérieuse revient sans cesse : « retraite complémentaire ». Vous payez, parfois lourdement. Mais savez-vous vraiment ce que cela vous rapportera ? La RCI retraite, c’est le nom de ce régime complémentaire. Et il pèse bien plus lourd dans votre future pension que vous ne l’imaginez.
Cotisations, points, calcul, réversion, montant moyen : on fait le tour de la question, chiffres 2026 à l’appui. Sans jargon, promis.
RCI signifie régime complémentaire des indépendants. Il a vu le jour le 1er janvier 2013, en fusionnant les anciens régimes des artisans et des commerçants. C’est l’équivalent, pour les travailleurs non salariés, de l’Agirc-Arrco des salariés.
Votre retraite d’indépendant repose en effet sur deux étages :
Qui gère la RCI retraite aujourd’hui ? Depuis la disparition du RSI en 2020, les cotisations sont encaissées par l’Urssaf et les pensions versées par l’Assurance retraite (via les Carsat). Le pilotage du régime, lui, revient au CPSTI, le Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants. C’est lui qui fixe chaque année la valeur du point.
Sont concernés les travailleurs indépendants affiliés à la Sécurité sociale des indépendants :
En revanche, les professions libérales réglementées (médecins, avocats, architectes, experts-comptables…) relèvent de leur propre caisse, comme la CIPAV ou la CARMF. Même logique pour les présidents de SAS, assimilés salariés, qui cotisent à l’Agirc-Arrco.
À retenir : la RCI retraite est la complémentaire obligatoire des artisans, commerçants et de certains libéraux. Elle fonctionne par points, comme l’Agirc-Arrco, et s’ajoute à votre retraite de base.
Le calcul des cotisations repose sur votre revenu professionnel et sur deux tranches. Rien de sorcier, mais il faut connaître les seuils.
Au-delà de 192 240 euros de revenu, plus rien n’est prélevé au titre de la complémentaire. La cotisation maximale tourne donc autour de 14 900 euros par an. Ça pique ? Oui. Mais chaque euro versé vous achète des points, et ces points ne se perdent jamais.
Thomas déclare un revenu professionnel de 35 000 euros. Il reste sous le plafond RCI : tout son revenu est donc taxé à 7 %. Sa cotisation annuelle : 35 000 × 7 % = 2 450 euros.
Et s’il gagnait 60 000 euros ? Le calcul se fait en deux temps : 7 % sur 44 286 euros (3 100 euros), puis 8 % sur les 15 714 euros restants (1 257 euros). Total : environ 4 357 euros. Simple, finalement.
Bon à savoir : les cotisations RCI sont déductibles de votre bénéfice imposable. Autrement dit, l’État en finance une partie via la baisse de votre impôt.
Chaque année, vos cotisations sont converties en points. La formule tient en une ligne :
Points acquis = cotisations de l’année ÷ revenu de référence (prix d’achat du point)
Au 1er janvier 2026, selon la circulaire Cnav n° 2025-31 du 22 décembre 2025 :
Reprenons Thomas. Avec 2 450 euros de cotisations, il acquiert 2 450 ÷ 21,726 = environ 113 points sur l’année.
Un point acheté 21,726 euros rapporte 1,347 euro de rente par an, à vie. Le rendement du régime ressort donc à environ 6,2 %. En clair : pour 100 euros cotisés, vous obtenez 6,20 euros de pension annuelle. Il faut environ 16 ans de retraite pour « récupérer » sa mise.
Est-ce une bonne affaire ? Plutôt, oui. Mais ce rendement s’érode doucement : le Conseil d’orientation des retraites le chiffrait à 6,8 % en 2022. Un peu comme un bon vieux moteur diesel : fiable, mais qui perd un peu de puissance chaque année.
À retenir : en 2026, un point RCI s’achète 21,726 euros et rapporte 1,347 euro par an. Consultez votre relevé de points chaque année sur votre espace personnel info-retraite.fr.
C’est la question que tout le monde se pose. La formule est la suivante :
Pension annuelle = nombre de points × valeur de service du point × taux de pension
Le taux de pension vaut 100 % si vous obtenez le taux plein dans votre retraite de base (âge légal et nombre de trimestres requis, ou âge d’annulation de la décote). Sinon, une minoration s’applique :
Partir avec 8 trimestres manquants, c’est donc abandonner 8 % de sa RCI retraite. À vie.
Supposons que Thomas cotise 35 ans sur un revenu stable de 35 000 euros. En simplifiant (valeurs du point constantes), il cumule environ 113 × 35 = 3 950 points.
Sa pension complémentaire annuelle : 3 950 × 1,347 = 5 320 euros par an, soit environ 443 euros brut par mois.
C’est loin d’être négligeable. Pour un artisan, la RCI retraite peut représenter 30 à 40 % de la pension totale. Et pourtant, beaucoup d’indépendants l’ignorent jusqu’au jour de leur départ.
Les chiffres officiels tempèrent un peu cet optimisme. Selon l’Assurance retraite, au 31 décembre 2025 :
Pourquoi un montant moyen si bas ? Parce que beaucoup de retraités ont eu des carrières courtes comme indépendants, des revenus modestes, ou ont démarré avant la création du régime unifié. Le signal est clair : la RCI retraite seule ne suffira pas à maintenir votre niveau de vie.
« Un indépendant qui a déclaré des revenus faibles pour réduire ses charges paie souvent la facture au moment de la retraite. Moins de cotisations aujourd’hui, c’est moins de points demain. »
Et si vous disparaissez ? La RCI retraite prévoit une pension de réversion pour le conjoint survivant. Ses conditions diffèrent de celles du régime de base :
Seuls les couples mariés (ou ex-conjoints) y ont droit. Les partenaires de Pacs et les concubins, eux, n’obtiennent rien. Un point à anticiper dans votre stratégie de prévoyance et capitaux décès, surtout si vous vivez en union libre.
Faisons le calcul global. Retraite de base + RCI retraite : pour un indépendant, le taux de remplacement dépasse rarement 50 à 60 % du dernier revenu. Le jour du départ, la marche peut être haute. Comment l’amortir ?
La bonne combinaison dépend de votre âge, de vos revenus et de votre statut. Un commerçant de 38 ans et un artisan de 58 ans n’auront pas la même stratégie. Pour les dirigeants, notre accompagnement dédié aux entreprises et professions libérales intègre toutes ces dimensions.
À retenir : la RCI retraite est une vraie brique de votre pension, mais elle ne suffit pas. Le PER individuel reste le complément le plus efficace pour un indépendant, surtout s’il est ouvert 10 à 15 ans avant le départ.
Savoir, c’est bien. Agir, c’est mieux. Voici quelques gestes simples à faire cette semaine :
Cet écart, c’est votre « besoin de retraite ». Et c’est lui qui doit guider vos décisions. Pour le chiffrer précisément, rien ne vaut un bilan patrimonial complet. Et pour alléger vos impôts tout en préparant l’avenir, pensez à nos conseils en optimisation fiscale.
La RCI retraite n’est pas un détail de votre fiche de cotisations. Avec un rendement proche de 6 %, elle reste un régime solide, doté de réserves confortables. Mais la pension moyenne de 138 euros par mois rappelle une réalité simple : sans épargne personnelle, la plupart des indépendants verront leurs revenus fondre au moment de raccrocher.
Alors, où en êtes-vous ? Le Cabinet Chauveroche, courtier en assurance et conseiller en gestion de patrimoine à Sarlat, accompagne les artisans, commerçants et chefs d’entreprise pour estimer leurs droits, mesurer leur besoin de retraite et bâtir la solution d’épargne adaptée. Prenez rendez-vous dès aujourd’hui.